ADEME Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie

L'ADEME en Midi-Pyrénées

Domaines d'intervention

Économie circulaire

La consommation croissante des ressources et les impacts environnementaux qu’elle entraîne nécessitent un changement de modèle économique. L’ADEME contribue à la transition vers une économie circulaire. Elle participe au développement de pratiques industrielles plus économes en matières premières. Elle accompagne le changement vers des comportements plus vertueux des consommateurs. Elle généralise une meilleure politique des déchets par le développement de la prévention de leur production et du recyclage.

Économie circulaire

L’économie circulaire, un nouveau modèle économique

Depuis le début des années 2000, le prix des ressources naturelles augmente et la croissance démographique (9 milliards d’individus attendus à l’horizon 2050) va accentuer cette tendance.

Avec le développement des modes de vie actuels, le sol, l’eau, la biomasse et les matières premières (minéraux, métaux, pétrole, gaz et autres combustibles) seront de plus en plus sollicités.

Rendre ce développement plus durable passe par la mise en place d’une économie circulaire dont l’objectif est de rendre plus efficace la consommation de ressources et de diminuer les impacts sur l’environnement, en repensant l’ensemble du système économique à toutes les étapes du cycle de vie des produits : production, consommation et recyclage.

L’économie circulaire doit chercher globalement à diminuer drastiquement le gaspillage des ressources afin de découpler la consommation des ressources de la croissance du PIB, tout en assurant la réduction des impacts environnementaux.

Il s’agit de faire plus et mieux avec moins.

L’économie circulaire s’oppose au modèle classique dit d’économie linéaire où l’on extrait, on produit, on consomme et on jette.

Définition de l'économie circulaire

Système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien être des individus.

L’économie circulaire prend en compte 3 champs

  • la production et l’offre de biens et de services ;
  • la consommation au travers de la demande et du comportement du consommateur ;
  • la gestion des déchets avec le recours prioritaire au recyclage qui permet de boucler la boucle.

Ces 3 champs sont subdivisés en 7 piliers

  • l’approvisionnement durable : portant sur le mode d’exploitation et d’extraction des ressources, il vise à limiter les rebus d’exploitation et à limiter l’impact sur l’environnement ;
  • l’éco-conception : elle prend en compte l’ensemble du cycle de vie d’un procédé, d’un bien ou d’un service pour en minimiser les impacts environnementaux ;
  • l’écologie industrielle et territoriale : elle constitue un mode d’organisation inter-entreprises à l’échelle d’un territoire où plusieurs opérateurs économiques optimisent l’utilisation des ressources (matières et énergies) par des échanges de flux ou une mutualisation de besoins (les déchets des uns sont les ressources des autres) ;
  • l’économie de la fonctionnalité : elle privilégie l’usage à la possession et tend à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes ;
  • la consommation responsable : elle doit conduire l’acheteur, qu’il soit acteur économique (privé ou public) ou citoyen consommateur, à effectuer son choix en prenant en compte les impacts environnementaux à toutes les étapes du cycle de vie du bien ou du service (achat de produits éco-labellisés, covoiturage…) ;
  • l’allongement de la durée d’usage par le consommateur : il conduit au recours à la réparation, à la vente ou au don d’occasion, dans le cadre du réemploi du produit (seconde vie) ou de la réutilisation du bien usagé devenu un déchet ;
  • le recyclage : il vise à utiliser les matières premières issues de déchets.

Outre les bénéfices écologiques, l’économie circulaire serait également créatrice de richesses et d’emplois.

Une étude de la Commission européenne permet, en effet, de conclure que chaque point de pourcentage de réduction de la consommation de ressources par une meilleure efficacité conduirait à générer 23 milliards d’euros d’activité et entre 100 000 et 200 000 emplois en Europe.

Plus d’informations sur l’Économie circulaire sur le site national de l'ADEME

La plateforme Act'IF : un exemple d'initiatives lancées en Midi-Pyrénées en faveur de l'économie circulaire

La CCI Montauban et Tarn-et-Garonne a récemment créé, avec le soutien de l’ADEME, la plateforme « Act’IF », un outil informatique de quantification et de géolocalisation des flux (énergies, matières…) des acteurs économiques du département.

Cet outil s’intègre dans une démarche globale d’accompagnement des entreprises, en 3 étapes : un diagnostic gratuit sur site de la CCI, une intégration à la plateforme Act’IF et des préconisations d’actions (pistes d’optimisation, mise en relation avec d’autres entreprises, aide au montage de projets…).

Cet accompagnement de la CCI permet de faciliter l’identification de synergies, de complémentarités entre les acteurs économiques, en matière d’économie circulaire : valorisation d’excédents énergétiques, réutilisation de l’eau, des déchets et des coproduits, services mutualisés, achats groupés…

Plaquette de présentation de la plateforme Act'IF (PDF - 3.5Mo)

Interview de Michel Weill, élu à la CCI 82 :

Pouvez-vous nous présenter rapidement la plateforme « Act’IF » ?

Nous, élus de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Montauban et Tarn-et-Garonne, souhaitions engager une action de terrain permettant :

• d’accompagner le développement économique et durable du département de Tarn-et-Garonne et de favoriser la mise en relation entre les acteurs économiques ;

• de proposer des synergies pour accroître la compétitivité des entreprises ;

• de soutenir le développement de nouvelles activités, d’anticiper les évolutions économiques et sociétales ainsi que leurs impacts.

Pour capitaliser les données et favoriser les synergies, nous avons développé une application de gestion des flux, permettant l’échange et la mutualisation de matières, d’énergie, d’eau, de ressources humaines et de services entre entreprises d’un territoire, dans une perspective d’économie circulaire.

Quel premier bilan faites-vous de l’utilisation de cet outil ?

À ce jour, près de 150 entreprises ont été diagnostiquées gratuitement par la CCI et de nombreuses synergies deviennent opérationnelles.

Trois nouvelles unités de valorisation énergétique ou de déchets sont aujourd’hui en fonction et ont favorisé la création d’une quinzaine d’emplois. Quatre autres sont aujourd’hui en projet et pourraient permettre la création d’une vingtaine d’emplois supplémentaires.

Une dizaine de synergies entre TPE/ PMI sont également fonctionnelles :

• en moyenne, une synergie de flux inter-entreprises permet d’économiser 1 000 € et de créer un emploi dans un cas sur deux ;

• pour des synergies à plus grande échelle, avec 500 000 € investi en équipements, le chiffre d’affaire généré est d’environ 400 000 € et cela permet de créer à minima 2 à 3 emplois par synergie.

Pouvez-vous nous citer quelques exemples d’entreprises engagées dans la voie de l’économie circulaire dans le Tarn-et-Garonne ?

Par notre accompagnement technique nécessaire au développement et à la pérennisation des projets, nous jouons un rôle majeur pour améliorer la compétitivité des entreprises et identifier de nouveaux relais de croissance.

Nous pouvons citer, pour exemple, 3 entreprises engagées dans une démarche d’économie circulaire, sur trois thématiques particulières :

• la société « Christian Fourment & Fils » récupère auprès de l’entreprise de collecte et de valorisation du textile « Le Relais » (issue de l’économie sociale et solidaire) les plumes des couettes, duvets, doudounes… dont cette dernière ne sait que faire ; inversement, l’entreprise Fourment, qui achète des textiles à l’étranger, envoie au Relais les coproduits textiles après avoir récupéré les plumes ;

• la société cellulopack produit des conditionnements et des emballages en cellulose moulée, à partir de résidus de cartons situés à proximité ;

• la Sematec a développé (avec le soutien de l’ADEME) un procédé de valorisation des stériles de carrière, utilisés ensuite pour le remblaiement de tranchées ou le soubassement de routes (diminuant ainsi l’utilisation des matériaux nobles) ; suite à cela, Sematec (lauréate de l’appel à projets 2013 de l’ADEME « Valorisation des déchets du BTP ») a développé une unité de collecte et de tri des déchets du BTP (démolition/déconstruction) pour favoriser la valorisation de ces derniers.